Hygiène et maintenance aéraulique : décider, contrôler, prouver
L’hygiène aéraulique ne se résume pas à “assainir l’air”. Dans un contexte professionnel, l’enjeu est de maîtriser un risque (incendie, dérive process, non-conformité QHSE) et de produire une preuve exploitable. La norme NF EN 15780 fournit un cadre pour évaluer la propreté des réseaux et définir des procédures de nettoyage adaptées. AFNOR NF EN 15780
Ce que couvre réellement “l’hygiène aéraulique” et ce que cela ne couvre pas
L’hygiène aéraulique vise à maintenir un réseau de ventilation, d’extraction ou de traitement d’air dans un état compatible avec l’usage du bâtiment et les risques du site. Elle implique inspection, intervention adaptée, contrôle final et traçabilité.
Cela ne consiste pas à :
- remplacer des filtres en supposant que le réseau est maîtrisé
- “désinfecter” sans élimination préalable des dépôts
- intervenir ponctuellement sans logique de maintien en condition
Un prestataire qui ne structure pas l’action autour du contrôle et des livrables vend une intervention, pas une maîtrise.
Trois contextes, trois risques : restauration, industrie, tertiaire/ERP
Restaurants : extraction cuisines, graisses, risque incendie, traçabilité
Sur l’extraction cuisines, le sujet est directement lié à la sécurité : les graisses se déposent dans les hottes, conduits et caissons, augmentant le risque incendie et exposant à des difficultés en contrôle. L’INRS rappelle l’intérêt du contrôle des installations de ventilation dans les locaux à pollution spécifique, a minima annuel sur des paramètres aérauliques. Source INRS.
Industrie/process : captage, poussières/fumées, dérive performance et sécurité
En industrie, la ventilation n’est pas un confort : elle participe à la captation à la source. L’encrassement du réseau dégrade les débits utiles, modifie les équilibres, et peut exposer à des risques supplémentaires, notamment sur des atmosphères ou polluants inflammables. Le ministère du Travail rappelle les enjeux liés à la ventilation et aux risques associés lorsque les concentrations deviennent excessives dans le réseau.
Tertiaire/ERP : empoussièrement, confort, débits, plaintes, conformité interne
En tertiaire/ERP, les déclencheurs sont souvent opérationnels : plaintes, odeurs, dérives de débits, pannes, surconsommation, inconfort. Sans inspection et critères, les actions restent réactives et difficiles à justifier en interne.
NF EN 15780 : passer du ressenti à des critères d’acceptation
NF EN 15780 encadre l’évaluation de la propreté et les procédures de nettoyage des systèmes de ventilation et de conditionnement d’air. Elle se complète avec NF EN 12097 sur les exigences liées aux accès (panneaux).
Traduction opérationnelle :
- définition d’un objectif de propreté cohérent avec l’usage
- inspection/évaluation avant action
- intervention adaptée au type de dépôts et au réseau
- contrôle final et dossier de traçabilité
Matrice de décision : système → risque → indicateur → preuve attendue → fréquence
| Système | Risque principal | Indicateur de dérive | Preuve attendue | Logique de fréquence |
| Extraction cuisines (hotte, conduits, caisson) | Graisses, incendie, non-conformité | dépôts visibles, aspiration diminuée, odeurs, encrassement rapide | inspection avant/après, zones traitées, attestation + traçabilité exploitable | pilotage par usage + inspections régulières |
| Captage process / ventilation pollution spécifique | Exposition, dérive HSE, incendie/explosion selon polluants | baisse débit, vitesses aux points clés, dépôts gaines/captages | mesures aérauliques + rapport technique | contrôle a minima annuel des paramètres (INRS) |
| CTA/VMC tertiaire | Empoussièrement, plaintes, sur-maintenance | déséquilibres de débits, poussières bouches, pannes, filtres saturés | inspection, nettoyage ciblé, rapport photo + recommandations | périodicité définie par usage et dérives constatées |
Méthode d’intervention : inspection, action, contrôle final, dossier
- Cadrage site : usage, zones à risque, contraintes d’exploitation, accès
- Inspection : repérage des zones chargées (gaines, plénums, caissons, points singuliers)
- Organisation : sécurisation, consignations, planification par zones
- Intervention : dépoussiérage/dégraissage/nettoyage mécanique selon dépôts et réseau
- Contrôle final : vérification visuelle + mesures lorsque nécessaires (logique INRS)
- Dossier : preuves avant/après, périmètre, limites, recommandations, plan de maintien
Rapport : ce qui doit être présent pour être opposable
Un rapport utile doit contenir :
- périmètre exact (tronçons, équipements, zones)
- accès et limites (zones non accessibles, contraintes)
- méthodes utilisées (justifiées par dépôts et contexte)
- preuves avant/après par zone, pas une illustration générique
- mesures aérauliques lorsque l’objectif est performance/conformité
- recommandations priorisées (immédiat / planifiable / surveillance)
Contrat de maintenance vs intervention de mise en conformité : arbitrer sans surpayer
Intervention de mise en conformité
- pertinente lors d’un rattrapage : historique flou, réseau jamais traité, contrôle défavorable, incident, reprise de site
- objectif : remise à niveau documentée, correction des accès, retour à une base saine
Contrat de maintenance
- pertinent après remise à niveau : stabilité d’exploitation, besoin de budget prévisible, exigences régulières
- objectif : empêcher la dérive, standardiser les contrôles et les livrables, planifier
Demandez une visite technique !
- indiquez le type de site (restaurant/industrie/ERP),
- le type de réseau (extraction/CTA/captage),
- vos contraintes d’exploitation et la zone à risque.
Novalair vous transmet un cadrage immédiat (mise en conformité ou contrat de maintenance) avec périmètre d’intervention et livrables attendus.
À quelle fréquence entretenir une extraction de cuisine professionnelle ?
La fréquence dépend du volume de production, des horaires et du type de cuisson. Une règle fiable : inspection régulière et intervention dès que l’encrassement devient visible ou que l’efficacité d’aspiration baisse. Objectif : éviter l’accumulation de graisses et garder une traçabilité exploitable.
Quelle différence entre nettoyage, dégraissage et désinfection aéraulique ?
- Nettoyage : retrait des poussières/dépôts.
- Dégraissage : retrait spécifique des graisses (cuisines).
- Désinfection : traitement microbiologique, utile uniquement si le contexte le justifie (milieux sensibles, contamination avérée). Désinfecter sans retirer les dépôts ne règle pas le problème.
Que doit contenir un rapport pour être exploitable en audit/assurance ?
Périmètre précis (zones/équipements), méthodes utilisées, limites d’accès, preuves avant/après par zone, dates et intervenants, mesures si nécessaires (débits/points clés), recommandations priorisées et plan de maintenance.
NF EN 15780 : obligation légale ou référentiel de bonne pratique ?
C’est un référentiel technique reconnu qui structure l’évaluation de propreté et les procédures de nettoyage des réseaux de ventilation. Il sert surtout à passer d’un “ressenti” à des critères, donc à une décision et une preuve défendables.
Comment détecter une dérive aéraulique sans démontage lourd ?
Par inspection ciblée (trappes/caméra), contrôle visuel des points singuliers (coudes, plénums, caissons), et mesures simples quand pertinent (débits, vitesses). Les signaux d’alerte : odeurs, baisse d’aspiration, plaintes, filtres saturés, pannes récurrentes.
Maintenance annuelle ou mise en conformité ponctuelle : quels critères de choix ?
- Mise en conformité : historique inconnu, réseau jamais traité, dérive forte, contrôle défavorable, incident ou reprise de site.
- Maintenance : réseau remis à niveau, besoin de budget stable, exigence de traçabilité, exploitation continue.